2036 n’est pas la date à laquelle Pyratz prévoit que le futur arrivera. C’est celle à laquelle Pyratz entend rendre des comptes sur sa capacité à s’y être préparé. Entre 2036 et 2050, plusieurs limites qui ont jusqu’ici structuré la vie humaine pourraient se déplacer simultanément — non comme les éléments d’une prophétie parfaitement synchronisée, mais comme les frontières mouvantes d’un corridor des possibles.
L’activité économique humaine pourrait commencer à s’étendre durablement au-delà de la Terre. Des infrastructures permanentes sur la Lune ou en orbite lunaire pourraient servir les communications, la navigation, la science, l’énergie et la logistique. Des missions robotisées pourraient prospecter, voire extraire, des ressources d’astéroïdes avant même qu’un marché commercial mature n’existe. Mars pourrait accueillir les premières implantations humaines ou installations opérées par des machines. Rien ne garantit que ces évolutions se produisent dans ce calendrier. Chacune signale néanmoins que la propriété, la souveraineté et la responsabilité pourraient bientôt devoir s’exercer à l’échelle de plusieurs mondes, et non plus seulement au-delà des frontières terrestres.[1]
Dans le même temps, la cognition artificielle pourrait devenir un acteur scientifique et économique à part entière : des systèmes d’IA dédiés à la recherche formuleraient des hypothèses, des laboratoires autonomes conduiraient des expériences, et des entreprises confieraient aux machines l’essentiel de leurs opérations courantes. L’intelligence s’incarnerait dans le monde physique au moyen de robots humanoïdes, d’usines autonomes et de chaînes logistiques automatisées. La biologie deviendrait toujours plus programmable : davantage de cancers seraient prévenus, guéris ou durablement maîtrisés ; des organes seraient réparés ou remplacés ; la durée de vie en bonne santé s’allongerait. La puissance de calcul, l’électricité, les réseaux, l’eau et les matières critiques pourraient alors constituer les véritables facteurs limitants de cette abondance — même si la fusion ou d’autres ruptures énergétiques finissaient par desserrer certaines de ces contraintes.
L’identité et l’autorité pourraient, elles aussi, passer par des systèmes automatisés. Des interfaces cerveau-machine restaureraient des fonctions perdues et étendraient la mémoire ; des agents numériques parleraient et effectueraient des transactions en notre nom ; des monnaies programmables et des règles algorithmiques détermineraient qui peut participer à un système. À l’extrémité la plus spéculative de ce corridor se trouve la possibilité controversée d’émuler partiellement un esprit ou de transférer une conscience sur un support numérique. Il faut la nommer, non parce que Pyratz la prévoit d’ici 2050, mais parce qu’elle révèle la question ultime de la capacité d’agir : si certains éléments d’une personne peuvent être copiés, hébergés ou contrôlés, à qui appartiennent les infrastructures — et qui détient le droit de les modifier, de refuser leur activation ou d’y mettre fin ?
Le futur pourrait être plus abondant que nous ne savons aujourd’hui l’imaginer. Dans cet essai, l’abondance ne signifie pas la disparition de toute rareté. Elle désigne une situation dans laquelle l’intelligence artificielle rend la cognition et l’expertise peu coûteuses et reproductibles à grande échelle, tandis que la robotique convertit cette intelligence en production physique. Un nombre croissant de biens et de services peut alors être produit à un coût radicalement plus faible, avec une dépendance décroissante au travail humain. L’intelligence, l’expertise et la capacité de production peuvent devenir abondantes ; l’énergie, les matières premières, le foncier, les infrastructures, la confiance, les autorisations réglementaires, la propriété et le pouvoir politique peuvent rester rares.
Voilà pourquoi il n’est plus possible de remettre à plus tard les questions de propriété et de capacité d’agir. Avant de demander dans quoi Pyratz devrait investir, il faut répondre à trois questions : qu’est-ce qui devient abondant ? qu’est-ce qui demeure rare ? et que doivent posséder les citoyens et l’Europe pour rester les auteurs de leur propre existence ?

L’Europe a contribué à créer des technologies majeures sans toujours conserver une part proportionnée de leur propriété future, du pouvoir de décision ou des capacités industrielles qui en découlent. Le phénomène n’est ni universel ni inéluctable. Mais il est mesurable. Au cours de leur première décennie, les scale-up de l’Union européenne lèvent environ deux fois moins de capitaux que leurs homologues de San Francisco ; plus de quatre opérations européennes sur cinq sont conduites par un investisseur étranger, seul ou chef de file, contre 14 % à San Francisco ; et, entre 2013 et 2023, les États-Unis ont vu émerger 137 fonds de capital-risque de plus de 1 milliard de dollars, contre 11 dans l’Union européenne.[2] Pyratz veut contribuer à inverser cette trajectoire.
L’Europe forme des scientifiques, fait émerger des entrepreneurs, finance les premiers risques et développe des technologies d’importance mondiale. Puis, trop souvent, le capital décisif, les infrastructures, la distribution et la propriété se concentrent ailleurs. L’entreprise peut rester européenne par son origine tout en déplaçant son centre de gravité stratégique à l’étranger. Le public conserve l’usage de ce qui a été créé, sans nécessairement en détenir une part, disposer d’un pouvoir de négociation ou participer aux décisions qui suivront.

Ce schéma devient plus préoccupant à mesure que l’intelligence artificielle s’impose comme une capacité générale de production. Un continent peut bénéficier d’un excellent accès à l’IA tout en dépendant de systèmes qu’il ne gouverne pas, d’infrastructures qu’il ne contrôle pas et d’actifs dont l’appréciation enrichit des propriétaires situés ailleurs. Un individu peut profiter de services extraordinairement performants tout en perdant en vie privée, en pouvoir de négociation et en capacité de contester les décisions qui façonnent son existence.
C’est le paradoxe central de la décennie qui s’ouvre : l’intelligence pourrait devenir abondante tandis que la capacité humaine d’agir deviendrait rare. La capacité d’agir désigne notre faculté de former nos propres buts, d’effectuer des choix qui comptent, de les mettre en œuvre, et de conserver le pouvoir de questionner, de refuser ou de transformer les systèmes qui structurent nos vies. En termes simples : choisir, posséder et pouvoir agir.
Le futur ne se résume donc pas à un affrontement entre le progrès technologique et ceux qui voudraient lui résister. Nous ne voulons pas ralentir la révolution pour préserver un statu quo qui devient chaque jour plus obsolète. Pyratz veut être au cœur de cette transformation : assez proche des laboratoires, des entrepreneurs, des machines et des flux de capitaux pour comprendre ce qui change et préserver le maximum d’options. Mais participer ne signifie pas se soumettre. La question décisive est de savoir si la technologie élargira le cercle des personnes capables d’agir, de choisir et de posséder — ou si elle rendra simplement la dépendance plus confortable.
Trois distinctions nous servent de boussole.
L’abondance n’est pas la capacité d’agir. L’accès n’est pas la propriété. L’optimisation n’est pas la liberté.
Elles nous prémunissent contre trois confusions susceptibles de produire une société prospère, mais diminuée.

Personne ne connaît le calendrier exact. L’intelligence artificielle peut progresser très rapidement au sein de quelques laboratoires, ou se diffuser de manière inégale pendant plusieurs décennies, freinée par l’énergie, la puissance de calcul, la réglementation et le déploiement dans le monde physique. Pyratz n’a pas besoin d’une prophétie pour agir. Dans les deux scénarios, une part croissante de la cognition sera produite par des machines, les cycles de décision se raccourciront et la valeur se déplacera vers ce que l’intelligence ne peut reproduire instantanément.[3]
Cette migration de la valeur est au cœur de la thèse économique de Pyratz.
Pyratz n’investit pas uniquement dans l’IA. Pyratz investit dans l’économie qui émerge une fois l’intelligence devenue abondante. Cette économie comporte trois strates d’investissement. D’abord, les moteurs de l’abondance : intelligence artificielle, robotique, laboratoires autonomes et systèmes de production opérés par des machines. Ensuite, les compléments rares : énergie, puissance de calcul, infrastructures physiques, données propriétaires, foncier, distribution et réseaux de confiance. Enfin, les services et infrastructures régulés : santé, finance, assurance, défense, identité, énergie et mobilité — c’est-à-dire les passages par lesquels la capacité technique obtient l’autorisation légale, la confiance sociale et l’accès à l’économie réelle.
Ces passages régulés ne constituent ni une position défensive ni un euphémisme pour désigner des acteurs établis protégés de la concurrence. Ils peuvent devenir des points de contrôle de l’économie post-IA, parce qu’une capacité technique ne s’autorise pas elle-même à agir dans le réel. L’IA peut rendre le diagnostic abondant ; la validation clinique, le remboursement et la distribution par des acteurs agréés déterminent si un patient accède au traitement. L’IA peut rendre l’analyse financière abondante ; les institutions régulées déterminent qui peut conserver, distribuer et posséder les actifs. La robotique peut rendre la production abondante ; les réseaux énergétiques, l’assurance, la certification et les infrastructures physiques déterminent si cette production peut changer d’échelle.
La combinaison recherchée est donc une rareté régulée amplifiée par la technologie : les licences, la confiance, les données propriétaires, le capital ou la distribution forment un avantage durable et légitime, tandis que l’IA améliore réellement le produit, son accessibilité ou son économie. La réglementation ne constitue pas, à elle seule, un avantage qui mérite d’être détenu ; capturée, elle peut protéger des rentes tout en bloquant le progrès. Pyratz recherche des passages dont l’avantage se renforce avec la capacité technologique et dont la réussite accroît la capacité humaine d’agir au lieu de transformer l’autorisation en dépendance.
Lorsque les logiciels peuvent raisonner, écrire et concevoir à un coût décroissant, le reste de l’économie ne devient pas immatériel. L’intelligence rencontre le monde physique et institutionnel : énergie, calcul, données fiables, déploiement industriel, réglementation et distribution. Elle peut accélérer la découverte, mais ne peut reproduire instantanément un réseau électrique, un essai clinique, une usine, une licence ou la confiance du public. L’Agence internationale de l’énergie estime que les centres de données ont consommé environ 415 TWh d’électricité en 2024 et projette 945 TWh en 2030 dans son scénario central. Cette projection est incertaine, mais l’asymétrie des délais ne l’est pas : un centre de données peut être construit en deux ou trois ans, tandis que les infrastructures énergétiques exigent généralement des cycles de planification, de construction et de financement beaucoup plus longs.[4]

Ces compléments rares ne capteront pas automatiquement la valeur. La concurrence peut comprimer les marges des centres de données, des énergéticiens ou des industriels aussi sûrement qu’elle comprime celles des éditeurs de logiciels. Les États peuvent encadrer les rentes ; les standards peuvent transférer la valeur vers les clients ; une substitution technique peut rendre abondant le goulet d’étranglement d’hier. Nous n’investissons donc pas dans une simple liste de secteurs à la mode. Nous recherchons une combinaison précise : un complément dont la rareté est durable, dont le propriétaire peut capter une part équitable de la valeur créée et dont le déploiement augmente la capacité d’agir au lieu de l’éroder en silence.
Cette logique nous conduit vers des systèmes scientifiques et industriels : puissance de calcul, énergie, données de confiance, production physique, santé, infrastructures financières et espace. Ces domaines n’ont pas tous le même poids, et « le futur » n’est pas une thèse d’investissement. Chaque opportunité doit démontrer l’origine de sa rareté, l’identité de celui qui captera la valeur, les preuves qui permettront de juger son progrès et les conséquences de sa réussite sur la liberté de choix.
La grande promesse de l’ère numérique a été celle de l’accès. Davantage de personnes peuvent communiquer, publier, apprendre, effectuer des transactions et utiliser des outils autrefois réservés aux grandes institutions. Cette conquête est réelle. Mais l’accès demeure généralement conditionnel. Une plateforme peut modifier ses règles, ses tarifs, son algorithme de classement ou ses autorisations. Un modèle peut être retiré. Un compte peut être fermé. Le travail, l’audience ou l’historique d’une personne peuvent rester prisonniers d’une infrastructure sur laquelle elle n’exerce aucun pouvoir.
La propriété peut modifier le rapport de force, mais ce mot recouvre des droits très différents. Des investisseurs extérieurs peuvent bénéficier d’une exposition économique sans disposer d’aucun vote direct dans les entreprises sous-jacentes. Pyratz peut, séparément, exercer pour leur compte des droits de gouvernance : représentation au conseil d’administration, information, consentement ou audit. Les actionnaires directs peuvent encore détenir d’autres droits. Dans une économie où le travail pèsera moins, la participation économique aux actifs productifs pourrait devenir une source plus importante de revenus et d’indépendance. Voilà pourquoi nous pensons que les citoyens ne devraient pas seulement utiliser le futur : ils devraient pouvoir en posséder une part. Nous ne prétendrons pas qu’une exposition financière confère automatiquement du contrôle.
Nous ne devons pas davantage prétendre que toute participation au capital équivaut à une capacité d’agir. Une position minoritaire et passive dans un véhicule opaque et illiquide peut distribuer le risque sans distribuer la parole. La propriété ne crée, à elle seule, ni sens, ni statut civique, ni liberté personnelle. Les institutions publiques, la concurrence, les droits relatifs à la vie privée, l’interopérabilité et la possibilité de quitter un système demeurent indispensables. La bonne question n’est pas : « Est-ce détenu par des humains ? » Toute entreprise et tout État satisfont déjà ce critère. Il faut demander : la propriété est-elle concentrée ou largement partagée ? Peut-elle être contestée ? Ses détenteurs rendent-ils des comptes ? Et quels droits l’accompagnent ?
Pyratz ne peut promettre une répartition égale de l’abondance. Aucune institution privée ne le peut. Pyratz peut en revanche bâtir des actifs productifs, y préserver une participation européenne significative et concevoir des voies responsables vers une participation économique plus large. Ce pont reste aujourd’hui fragile. En 2022, les ménages de la zone euro détenaient environ 35 % de leurs actifs financiers en numéraire et en dépôts, contre 13 % aux États-Unis ; les actions et autres participations représentaient environ 23 % de leurs actifs, contre 40 % outre-Atlantique.[5] Il ne s’agit pas de transformer chaque euro déposé en banque en capital-risque. Le constat est que l’Europe dispose d’une épargne abondante, mais de trop peu de canaux fiables et transparents pour relier cette épargne à la propriété productive de long terme.

Cela suppose de distinguer trois niveaux trop souvent confondus. Les droits de contrôle et de gouvernance de Pyratz déterminent la manière dont les actifs sont administrés. Les droits économiques des investisseurs extérieurs déterminent la répartition des gains et des pertes. Les modalités de liquidité du véhicule déterminent quand — et à quel coût — un investisseur peut en sortir. Un accès élargi ne sera proposé que lorsque la durée des engagements, les conditions de rachat, les méthodes de valorisation, les frais, la concentration et les règles d’adéquation correspondront à la nature des actifs sous-jacents. Un véhicule coté peut offrir la négociabilité sans garantir le rachat à la valeur nette d’actif ; un véhicule privé peut apporter du capital patient sans liquidité quotidienne. Aucun ne doit être présenté pour ce qu’il n’est pas. Une participation économique large n’implique pas nécessairement une dispersion du contrôle. Pyratz devra donc rester lui-même responsable devant des organes indépendants, publier des informations transparentes et garantir aux investisseurs extérieurs des droits qui les protègent contre les conflits d’intérêts.
Ce mécanisme n’est pas encore achevé. La doctrine exprime donc un engagement de conception institutionnelle, et non la prétention d’avoir déjà accompli la mission.
La capacité d’agir ne se réduit pas à la participation économique. Elle suppose de pouvoir former ses propres buts, les réviser et les poursuivre sans manipulation dissimulée. Elle inclut la vie privée, le droit au désaccord, le droit de ne pas être constamment optimisé et la possibilité de quitter un système dont on dépend.
L’enjeu devient plus complexe lorsque les machines ne se contentent plus de répondre à nos questions, mais anticipent nos préférences, sélectionnent les informations que nous voyons, recommandent nos relations et agissent en notre nom. Un système peut augmenter notre capacité immédiate tout en rétrécissant l’environnement dans lequel se forment nos préférences. L’expression « humain dans la boucle » peut ne désigner qu’une présence symbolique lorsque la machine agit plus vite que la personne ne peut comprendre ou contester. Ce n’est déjà plus une interrogation purement philosophique. Une enquête de l’OCDE auprès de plus de 6 000 entreprises dans six pays constate l’usage désormais répandu d’outils de management algorithmique et relève des inquiétudes récurrentes concernant l’imprécision des responsabilités, l’opacité des logiques et la protection insuffisante de la santé des salariés.[6]
Il faut donc se méfier de l’affirmation facile selon laquelle l’automatisation libérera chacun pour les relations humaines, la création et la maîtrise de soi. Elle le peut. Elle peut aussi éroder les structures économiques et sociales qui produisent aujourd’hui le statut, le sens et l’appartenance. Le capital ne peut décider de ce qui donne sens à une vie humaine. Il peut toutefois protéger certaines des conditions qui permettent aux individus d’en décider eux-mêmes : plusieurs systèmes plutôt qu’un gardien unique ; des espaces privés soustraits à l’optimisation permanente ; des décideurs identifiables et responsables ; de véritables droits de veto et de sortie ; enfin, une participation économique aux actifs productifs.
L’objectif n’est pas de maintenir artificiellement des êtres humains dans des tâches que des machines accomplissent mieux. Il est d’empêcher l’efficacité de devenir le seul critère à l’aune duquel nous jugeons nos institutions.
Toute doctrine qui prétend relier propriété, capacité d’agir et rendement doit résister au domaine où les besoins humains sont les plus grands et où la rareté porte la charge morale la plus lourde : la santé.
Si l’intelligence nécessaire à la conception d’un médicament devient peu coûteuse, les données biologiques, les laboratoires expérimentaux, le recrutement des patients, la preuve clinique, la production, le remboursement et la distribution de confiance deviennent plus décisifs encore. Les coûts de découverte peuvent baisser tandis que la dépense totale augmente, parce que les nouveaux traitements créent une nouvelle demande, que les populations vivent plus longtemps et que la rareté se déplace vers l’aval. Une avancée peut être scientifiquement abondante tout en demeurant économiquement inaccessible pendant des années. En 2023, les patients ont directement pris en charge 35,5 % des dépenses de médicaments vendus au détail dans l’Union européenne, contre environ 20 % de l’ensemble des dépenses de santé financées par des fonds privés. À l’échelle de l’Union, 6 % des ménages ont subi des dépenses de santé catastrophiques ; les médicaments ambulatoires étaient à l’origine d’un tiers de ces situations.[7] L’abondance scientifique et l’accès à un soin abordable sont, de toute évidence, deux réalisations différentes.

La question ne consiste pas seulement à savoir si une entreprise réduit le coût de la découverte. Il faut se demander qui paie, qui capte l’économie réalisée, comment l’accès s’élargit, ce qu’il advient des données du patient et si la rareté n’est qu’une phase de transition — ou le modèle économique lui-même.
Les cas difficiles seront inévitables. Imaginons un traitement de longévité procurant un bénéfice extraordinaire, mais initialement réservé à un petit nombre de patients fortunés. Pyratz ne devrait pas le rejeter au seul motif que l’accès commence de manière inégale : presque toute technologie physique nouvelle naît dans la rareté. Nous exigerions toutefois un chemin crédible vers le passage à l’échelle, une position de gouvernance permettant d’influer sur le prix et l’accès, la protection des données génétiques et cliniques, et la preuve que la rareté est une contrainte transitoire plutôt que la finalité du modèle. Si un prix de monopole constitue l’unique source de rendement exceptionnel et si l’élargissement de l’accès détruit l’économie de l’entreprise, celle-ci contredit la doctrine.
Les rendements demeurent indispensables. La science de long terme ne se finance pas avec des déclarations morales. Pyratz recherche donc le meilleur rendement ajusté du risque sur le long terme, sous réserve d’une limite non négociable : la préservation de la capacité d’agir. Cette limite ne sera pas sacrifiée pour obtenir quelques points de rendement supplémentaires. Cette hiérarchie doit figurer dans le mandat de chaque véhicule, afin que les investisseurs comprennent la contrainte avant d’engager leur capital.
Pyratz est d’identité européenne et d’ambition mondiale.
Cette affirmation doit se traduire par des obligations, et non flatter une nostalgie. L’Europe n’est ni uniformément pluraliste, ni toujours protectrice de la vie privée, ni systématiquement clairvoyante. La fragmentation de ses marchés de capitaux, ses coûts énergétiques, sa complexité réglementaire et sa méfiance envers la taille peuvent transformer des protections légitimes en faiblesse stratégique. Trop souvent, l’Europe réglemente le futur après avoir échoué à le financer. La structure de propriété de l’IA européenne le montre : entre 2014 et 2024, seuls 31 % du capital-risque investi dans les entreprises d’IA et de données ayant leur siège dans l’Union provenaient d’investisseurs de l’UE, contre 42 % issus des États-Unis. Dans les sociétés d’IA européennes cotées, les investisseurs domestiques ne détiennent qu’environ la moitié du capital, tandis que les investisseurs américains en possèdent près d’un tiers.[8]

Pyratz choisit de défendre des engagements enracinés dans les traditions juridiques et institutionnelles européennes : la dignité de l’individu, la limitation des pouvoirs concentrés, le pluralisme, le respect de la vie privée et la conviction que les marchés s’inscrivent dans un ordre social plutôt qu’ils ne le dominent. Ces principes ne sont ni exclusivement européens ni constamment respectés en Europe. Ils comptent parce que les technologies puissantes rendent la concentration économiquement tentante.
Investir à l’échelle mondiale n’est pas contradictoire si cette présence internationale renforce la capacité de l’institution à bâtir, financer et conserver des actifs stratégiques européens. Mais un bilan européen qui détiendrait quelques participations minoritaires dans des monopoles étrangers ne créerait pas de souveraineté. Le test est ailleurs : Pyratz rapporte-t-il en Europe des connaissances, des droits de décision, des relations stratégiques, des capacités de financement et de la propriété durable ? Aide-t-il les entreprises européennes à changer d’échelle sans abandon prématuré ? Ses participations mondiales satisfont-elles aux mêmes exigences de capacité d’agir que celles appliquées en Europe ?
L’espace appartient à ce pari, non comme théâtre de l’ambition, mais comme terrain d’épreuve de long terme. Communications, observation, navigation, infrastructures climatiques, défense, lancement, opérations en orbite et missions scientifiques associent le logiciel à la rareté physique et à la souveraineté. En 2024, l’Europe représentait environ 10 % de l’investissement spatial public mondial et 22 % de l’investissement privé, mais seulement 6 % du marché amont mondial de la fabrication des véhicules spatiaux et des services de lancement.[9] Ce décalage ne prouve pas que toute entreprise spatiale européenne mérite d’être financée. Il montre que l’engagement public et le capital privé ne se sont pas encore traduits par une puissance industrielle proportionnée. À court terme, toute thèse d’investissement doit reposer sur de vrais clients et des infrastructures durables ; la promesse lointaine de ressources extraterrestres ne justifie pas aujourd’hui des fondamentaux médiocres. Mais si l’Europe ne finance et ne possède pas ses capacités spatiales critiques, elle louera à d’autres une nouvelle couche de son avenir.

Pyratz se construit à la croisée du capital-risque et de la société de portefeuille, parce que chacun de ces modèles ne résout qu’une moitié du problème. Le capital-risque peut financer les ruptures, mais la durée de ses fonds le contraint souvent à rechercher de la liquidité avant qu’un actif exceptionnel n’ait achevé sa phase de création de valeur. La détention permanente permet de donner du temps au temps, mais peut dériver vers la passivité. Pyratz associe la création sélective d’entreprises, l’investissement aux côtés des entrepreneurs et la proximité opérationnelle à la liberté de conserver les actifs d’exception au-delà du calendrier d’un fonds.
La proximité opérationnelle n’est pas précieuse parce que l’investisseur serait plus sage que l’entrepreneur. Elle l’est parce que la réalité produit des informations qu’aucune présentation au conseil d’administration ne peut restituer : quel client est réellement prêt à payer ; où le déploiement échoue ; quelle réglementation impose la contrainte décisive ; quel verrou technique résiste ; quel talent est irremplaçable. Ces informations peuvent améliorer aussi bien la construction de l’entreprise que la décision d’allocation suivante.
Cette proximité crée également des risques. L’investisseur qui se présente comme un cofondateur peut devenir intrusif, affectivement prisonnier de ses décisions ou traversé de conflits d’intérêts. La recherche de cohérence entre participations peut aboutir à des relations commerciales forcées, à des fuites d’informations ou à une décote de conglomérat. L’entrepreneur doit conserver l’autorité sur son entreprise ; les services partagés doivent rester facultatifs et prouver leur utilité ; les informations confidentielles doivent être cloisonnées ; les conflits doivent être déclarés ; Pyratz ne doit jamais utiliser son pouvoir de portefeuille pour transférer de la valeur d’une participation à une autre.
« Agir comme un cofondateur » définit donc un niveau d’engagement, et non une revendication du rôle du fondateur. En accord avec celui-ci, Pyratz peut assumer des responsabilités précises dans le recrutement, le financement, l’accès au marché, la préparation réglementaire, les données ou le déploiement technique. L’entrepreneur demeure aux commandes.
Une thèse large exige des règles étroites. Tout investissement doit franchir un seuil financier adapté à son risque, à sa durée et à sa liquidité ; démontrer une rareté durable ou une autre source défendable de captation de valeur ; réussir l’évaluation de la capacité d’agir ; définir les preuves attendues à des échéances précises ; aligner l’intensité capitalistique sur le délai nécessaire à l’obtention de ces preuves ; obtenir des leviers de gouvernance proportionnés aux risques ; respecter les limites de concentration et de liquidité du portefeuille ; enfin, expliciter à l’avance les éléments qui invalideraient la thèse.
La pertinence thématique ne compense jamais un modèle économique médiocre. L’intérêt stratégique n’excuse pas un rendement attendu insuffisant. À l’inverse, un rendement attendu élevé ne rachète pas une atteinte à la capacité d’agir. Les stades d’investissement, les zones géographiques, les réserves, les règles de réinvestissement et les plafonds de concentration seront fixés pour chaque véhicule, parce que leurs engagements et leurs mandats diffèrent ; chacun devra toutefois les publier avant de lever du capital. Les financements ultérieurs doivent être justifiés par des preuves, et non accordés pour protéger une valorisation antérieure. Les participations permanentes subissent le même examen : la permanence est une option, jamais une exemption.
Une doctrine ne devient réelle que lorsqu’elle modifie une décision séduisante.
Pyratz ne se dote pas d’une longue liste de secteurs interdits. Les systèmes puissants contiennent souvent à la fois une promesse de souveraineté et un risque de contrôle. Des technologies autonomes de défense peuvent protéger les civils et les infrastructures ; les mêmes capacités peuvent diluer la responsabilité en matière de force létale. Une plateforme dominante peut créer une valeur immense pour ses utilisateurs tout en étouffant la concurrence et en manipulant leurs préférences. Une entreprise de santé peut sauver des vies tout en approfondissant les inégalités.
Notre principe est l’engagement d’abord, puis l’exclusion lorsque l’engagement ne peut modifier de façon crédible l’issue. La décision d’engager les ressources de Pyratz n’appartient pas à la seule équipe qui porte l’opération.
Avant tout investissement de cette nature, l’équipe doit rédiger une évaluation de la capacité d’agir : personnes concernées, dommages plausibles, bénéfice humain, droits nécessaires, engagements mesurables, échéances et éléments susceptibles d’invalider la thèse. Un Conseil permanent pour la capacité d’agir, composé de membres indépendants de l’équipe qui présente le dossier, examine les cas à haut risque, consigne les avis favorables comme les désaccords et peut bloquer l’opération même après l’accord du comité d’investissement. À chaque niveau de risque correspondent des droits minimaux auxquels il ne peut être dérogé. Aucune opération n’est conclue tant que ces droits et engagements n’ont pas été inscrits dans des documents juridiquement opposables, et non simplement promis. Le Conseil réexamine les participations à haut risque au moins une fois par an et après tout incident significatif ; il communique à l’organe de gouvernance de Pyratz les exceptions, les manquements et les mesures correctives. Le mandat de chaque véhicule doit reconnaître cette autorité avant tout investissement.
L’intervention active ne peut être symbolique. Les protections doivent être opposables et adaptées au modèle économique : interopérabilité et contrôle par l’utilisateur pour une plateforme centralisée ; droits sur les données et trajectoire crédible d’élargissement de l’accès dans la santé.
En matière de défense, une limite est catégorique : Pyratz ne financera aucun système qui sélectionnerait et attaquerait une cible humaine sans autorisation humaine identifiable et responsable. Une autonomie défensive ne peut être envisagée que dans le cadre d’un objectif, d’une catégorie de cibles et d’un environnement d’intervention strictement bornés, avec possibilité d’interruption, traçabilité, chaîne de commandement responsable et attribution claire de la responsabilité juridique. La vitesse ne transforme pas un contrôle humain de façade en contrôle réel.
Si Pyratz ne dispose pas de leviers suffisants, si l’équipe dirigeante refuse les protections requises ou si le dommage est indissociable du modèle économique, Pyratz n’investit pas — quel que soit le rendement attendu.
Si les engagements sont ensuite violés, la réponse ne saurait se réduire à la promesse illusoire de vendre. Pyratz peut suspendre les investissements futurs et l’appui opérationnel ; exercer ses droits de consentement, de vote, d’information et d’audit ; exiger une mise en conformité dans un délai déterminé ; recourir aux mécanismes contractuels ou au conseil d’administration ; et informer les organes de gouvernance ou les co-investisseurs concernés lorsque la loi le permet et que la résolution du manquement l’exige. La cession n’est utilisée que lorsqu’elle est réalisable et lorsque le transfert de propriété a davantage de chances de réduire le dommage que de simplement le déplacer. Si la sortie est impossible, le manquement reste inscrit au tableau de bord public, aucun nouveau capital discrétionnaire n’est engagé et Pyratz poursuit les mesures d’exécution plutôt que de faire de l’illiquidité une excuse.
Il ne s’agit pas d’une prétention à la pureté morale, mais d’une responsabilité institutionnelle dans l’incertitude. La propriété donne à Pyratz une place dans le système ; la gouvernance lui confère une influence légitime ; l’implication opérationnelle transforme cette influence en action. Sans ces trois éléments, « l’engagement » n’est qu’une justification pour posséder ce que nous voulions déjà acquérir.
Le capital permanent n’est pas la promesse de ne jamais vendre. C’est la liberté de continuer à posséder ce qui mérite toujours de l’être.
Pyratz entend rester propriétaire à long terme de ses actifs exceptionnels et recycler activement son capital partout ailleurs. La permanence doit se mériter à nouveau, à chaque examen ; elle ne peut être accordée par attachement. L’affection n’est pas une preuve, et le vocabulaire stratégique ne remplace pas les rendements.
Cette discipline compte parce que les meilleures entreprises créent souvent l’essentiel de leur valeur après que le calendrier d’un fonds de capital-risque conventionnel a imposé la recherche de liquidité. Une institution de capital permanent peut conserver les actifs les plus performants de son portefeuille plutôt que de les céder au moment même où l’effet de composition commence. Mais cette structure peut aussi dissimuler les erreurs. La réponse n’est pas la vente forcée ; elle réside dans un examen explicite, une contestation indépendante et la volonté de recycler le capital lorsque la thèse est invalidée.
L’apparente contradiction entre propriété permanente et propriété largement partagée est féconde. Pyratz doit concentrer le jugement et la responsabilité sans devenir lui-même un nouveau centre de pouvoir privé qui n’aurait de comptes à rendre à personne. Des actifs de long terme exigent des ressources stables et de même horizon ; tout véhicule ouvert à un public plus large devra accorder ses promesses de liquidité à la réalité du portefeuille. À terme, une participation régulée, une gouvernance transparente et une séparation nette entre droits économiques, droits de gouvernance et droits de liquidité doivent permettre à davantage de personnes de participer à la valeur créée par des actifs exceptionnels, tout en préservant la stabilité nécessaire pour bien les détenir.
Cette distinction n’a rien de théorique. Les superviseurs européens identifient le décalage de liquidité — l’écart entre la vitesse à laquelle les investisseurs peuvent demander leur argent et celle à laquelle les actifs peuvent être vendus — comme un risque central des fonds alternatifs ouverts.[10] L’élargissement de l’accès n’est crédible que lorsque la promesse du véhicule correspond à la réalité des actifs.
Pyratz n’est pas le point de départ de cet argument. Pyratz en est la réponse institutionnelle.
Aucun véhicule unique ne peut accomplir immédiatement l’ensemble de cette ambition. L’institution doit se construire par étapes, chaque affirmation restant limitée à ce qui existe réellement. La création d’entreprises, l’appui opérationnel, le capital de croissance, la propriété permanente et la distribution régulée ne doivent se renforcer mutuellement que lorsque les faits démontrent leur articulation. Une boucle vertueuse dessinée sur le papier ne constitue pas un avantage opérationnel.
En 2036, Pyratz devra être jugé sur des faits qu’un observateur extérieur peut vérifier. Avant le premier investissement de chaque véhicule, Pyratz s’engage à en définir le tableau de bord, à le publier au moins chaque année et à conserver dans le temps des définitions comparables. Les objectifs pourront varier selon le véhicule, mais le cadre commun comprendra :
• la part de propriété conservée et la valeur créée par les actifs les plus performants ;
• les performances réalisées et non réalisées, comparées à des indices de référence pertinents et publiés ;
• les droits stratégiques et capacités européennes préservés, selon des catégories annoncées plutôt qu’au moyen d’anecdotes ;
• la part des investissements à haut risque assortis de clauses opposables relatives à la capacité d’agir ;
• les violations de ces clauses, les mesures correctives, les cas non résolus et les sorties ;
• la contribution et le coût de l’appui opérationnel, y compris l’évaluation des fondateurs et les transactions entre parties liées ;
• les résultats de l’accès élargi : frais, pertes, concentration, liquidité et répartition de la participation économique ;
• enfin, les investissements refusés, limités ou privés de financement supplémentaire en raison de la ligne rouge relative à la capacité d’agir.
Un organe de contestation indépendant devra examiner la méthode de suivi et de publication et pourra publier les désaccords consignés. L’objectif n’est pas de transformer tout jugement en une fausse précision. Il est de rendre plus difficile la réécriture complaisante de l’histoire après les faits.
La performance financière appartient pleinement à cet audit. Une institution incapable de faire fructifier son capital ne peut préserver son indépendance ni financer des ambitions difficiles. Mais les rendements, à eux seuls, ne disent pas si Pyratz a rempli sa mission.
L’Europe a passé trop de temps à créer le futur, puis à le louer à ceux qui en avaient acquis la propriété. Pyratz existe pour rompre avec ce schéma — non en se retirant de la frontière technologique, mais en y entrant avec du capital, des droits de gouvernance et une responsabilité assumée. Nous investissons dans les technologies qui créent l’abondance comme dans les systèmes rares et régulés qui lui permettent de devenir réelle. Nous construirons ce qui manque, soutiendrons les entrepreneurs qui voient plus loin, conserverons ce qui mérite de continuer à créer de la valeur et renoncerons aux rendements qui exigeraient de fragiliser la capacité d’agir que nous prétendons défendre.
L’ère de l’intelligence peut rendre les capacités technologiques abondantes. Notre tâche est de veiller à ce que la propriété, le choix et la responsabilité ne deviennent pas rares avec elles.
Tous les graphiques distinguent les données observées des projections. Les comparaisons entre régions reprennent les définitions et le périmètre propres à chaque source ; elles ne doivent pas être agrégées comme si elles formaient une seule série statistique. Pyratz a redessiné les figures à partir des sources citées afin de clarifier l’argument. Les totaux peuvent différer légèrement de 100 % en raison des arrondis.
[1] Le corridor 2036–2050 est une expérience de pensée stratégique, et non une prévision technologique ou un calendrier d’investissement. Les infrastructures lunaires, l’exploitation de ressources astéroïdales, les implantations martiennes et le transfert de conscience présentent des incertitudes techniques, économiques et politiques radicalement différentes. Leur présence dans cet essai sert à tester la cohérence de la doctrine de Pyratz face à des conditions extrêmes ; elle ne signifie pas que ces technologies seront commercialement matures d’ici 2050.
[2] Banque européenne d’investissement, The Scale-up Gap: Financial Market Constraints Holding Back Innovative Firms in the European Union, 2024, notamment p. 17–26. L’étude suit des entreprises financées par le capital-risque ayant atteint le stade de scale-up après 2013 et compare des cohortes de l’UE, de Londres et de San Francisco. « Plus de quatre opérations sur cinq » désigne la part des opérations conduites par un investisseur étranger, seul ou chef de file, telle que rapportée par la BEI ; ce chiffre ne mesure pas la propriété étrangère de l’ensemble des jeunes pousses européennes.
[3] AI 2027 (Daniel Kokotajlo, Scott Alexander, Thomas Larsen, Eli Lifland et Romeo Dean, 2025) sert de test de résistance sur l’accélération des cycles de décision et la concentration des capacités, et non de prévision de Pyratz. AI 2040: Plan A (Thomas Larsen, Romeo Dean, Brendan Halstead, Eli Lifland, Ryan Greenblatt et Daniel Kokotajlo) est mobilisé pour la question de la répartition — que deviennent les salaires, le pouvoir de négociation et la propriété si les machines accomplissent une part croissante du travail à forte valeur ? — et non comme programme de gouvernance adopté par Pyratz. Son Space Governance Plan a nourri les interrogations de long terme sur la propriété, la souveraineté et la responsabilité ; Pyratz n’en reprend pas les prescriptions politiques.
[4] Agence internationale de l’énergie, Energy and AI, 2025. La valeur 2030 correspond au scénario central de l’AIE, et non à une prévision de Pyratz. L’AIE publie également des scénarios de sensibilité plus hauts et plus bas ; l’efficacité du matériel, le rythme d’adoption de l’IA, les chaînes d’approvisionnement et les contraintes du réseau demeurent des facteurs d’incertitude importants.
[5] Banque centrale européenne, « Introductory statement in three charts », 30 septembre 2024, d’après les calculs de l’OCDE et de la BCE ; dernière observation : 2022. La comparaison porte sur les actifs financiers, et non sur le logement ou les autres actifs non financiers. Elle n’implique pas que l’allocation américaine constitue un modèle optimal pour chaque ménage.
[6] OCDE, Algorithmic Management in the Workplace: New Evidence from an OECD Employer Survey, 2025. L’enquête couvre l’Allemagne, l’Espagne, les États-Unis, la France, l’Italie et le Japon et rapporte la perception des dirigeants ; elle n’établit pas, à elle seule, d’effet causal sur les salariés.
[7] Commission européenne, OCDE et Observatoire européen des systèmes et des politiques de santé de l’OMS, State of Health in the EU: Synthesis Report 2025, p. 26–28. Les parts relatives aux médicaments vendus au détail portent sur 2023. Les estimations de dépenses catastrophiques suivent la méthodologie de l’OMS Europe et ne doivent pas être interprétées comme la proportion de ménages mis en faillite par les dépenses médicales.
[8] Banque européenne d’investissement, Investment Report 2025/2026: Capitalising on Europe’s Strengths, chapitre 5, figures 8–9. Les parts de capital-risque agrègent les années 2014–2024 et classent les entreprises selon le pays de leur siège. La catégorie « Autre Europe » comprend le Royaume-Uni, la Suisse et la Norvège. La répartition du capital des sociétés cotées est fondée sur l’origine de leurs vingt principaux investisseurs.
[9] Agence spatiale européenne, Report on the Space Economy 2025, p. 5–6. Les parts de l’investissement public et privé ainsi que la part du marché amont portent sur 2024. Le marché amont couvre la fabrication et le lancement ; les services aval sont nettement plus importants et l’Europe y détenait une part mondiale déclarée de 19 %.
[10] Autorité européenne des marchés financiers, « ESMA report highlights liquidity concerns for Alternative Investment Funds », 3 février 2022 ; voir également l’analyse 2024 de l’ESMA sur les fonds alternatifs à effet de levier. Le risque cité est structurel et ne signifie pas que chaque fonds ouvert présente nécessairement un décalage de liquidité significatif.
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